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Protocole BLUE en échographie : toutes les informations

Publiée le 25 juin 2026, par Aurélien Dausque 

Lorsqu’un patient arrive aux urgences avec une détresse respiratoire, le temps ne joue pas en sa faveur. Avant même d’envisager un scanner ou une radiographie, il faut rapidement identifier la cause de la dyspnée pour mettre en place la bonne prise en charge.

C’est justement l’objectif du protocole BLUE. Développé par Daniel Lichtenstein en 2008, ce protocole d’échographie pulmonaire permet d’orienter le diagnostic au lit du patient en quelques minutes seulement.

Qu’est-ce que le protocole BLUE ?

Le protocole BLUE, pour Bedside Lung Ultrasound in Emergency, est un protocole d’échographie pulmonaire utilisé en urgence et en réanimation.

Son principe repose sur l’analyse de six points thoraciques répartis sur les deux hémithorax. L’objectif est de repérer certains signes échographiques permettant d’orienter rapidement le diagnostic.

Le protocole BLUE peut notamment aider à identifier :

  • Un pneumothorax.
  • Un œdème pulmonaire.
  • Une pneumonie.
  • Un épanchement pleural.
  • Une embolie pulmonaire probable.
  • Une insuffisance cardiaque.

À chaque point exploré correspond une information diagnostique. Cette approche permet d’obtenir une réponse rapide dans plus de 90 % des situations de dyspnée aiguë.

Extrait du webinar Sonoscanner sur l’échographie pulmonaire du 9 mars 2022, animé par le Pr. Daniel Lichtenstein 

Comment se déroule un examen selon le protocole BLUE ?

Le médecin utilise une sonde d’échographie pour examiner six zones thoraciques (trois points à droite et trois points à gauche). L’examen s’effectue directement au lit du patient, sans préparation particulière. Il peut être réalisé avec un échographe portable ou un échographe ultraportable, ce qui facilite son utilisation en réanimation, aux urgences ou en préhospitalier.

L’analyse porte principalement sur :

  • La présence ou l’absence de glissement pleural.
  • Les lignes A.
  • Les lignes B.
  • Les consolidations pulmonaires.
  • Les épanchements pleuraux.
  • Les anomalies visibles au niveau du point PLAPS.

Le protocole BLUE repose ensuite sur un arbre décisionnel qui aide le médecin à interpréter les différents signes observés.

Les principaux profils du protocole BLUE

Le protocole BLUE distingue plusieurs profils échographiques.

Le profil A correspond à une ligne pleurale normale avec des lignes A horizontales. Ce profil peut orienter vers un pneumothorax ou une embolie pulmonaire selon le contexte clinique.

Le profil B est caractérisé par la présence de lignes B verticales. Ces artefacts sont fréquemment associés à un œdème pulmonaire ou à une atteinte interstitielle diffuse.

Le profil C correspond à une consolidation pulmonaire. Il est souvent observé dans les pneumonies ou certaines atélectasies.

Le profil A/B associe un côté normal avec un côté pathologique. Cette situation peut évoquer une pneumopathie localisée.

Le profil PLAPS, enfin, correspond à des anomalies observées dans la région postéro-latérale du thorax. Il peut révéler un épanchement pleural ou une consolidation pulmonaire postérieure.

En pratique, plusieurs profils peuvent coexister chez un même patient. Il est donc important de replacer les résultats dans le contexte clinique global.

Qu’est-ce que le point PLAPS ?

Le PLAPS point, pour Postero-Lateral Alveolar and/or Pleural Syndrome, est un point clé du protocole BLUE. Il se situe sur la partie postéro-latérale du thorax et permet de rechercher :

  • Des consolidations pulmonaires.
  • Des épanchements pleuraux.
  • Des anomalies alvéolaires.

Le point PLAPS joue un rôle important dans le diagnostic des pneumonies et des syndromes pleuraux. Il complète les autres zones d’exploration du protocole BLUE et améliore la précision de l’examen.

Visualisation d’un poumon sain avec un échographe portable Ondina de Sonoscanner

Pourquoi le protocole BLUE est-il devenu indispensable ?

Le succès du protocole BLUE repose sur plusieurs avantages. D’abord, il s’agit d’un examen rapide. Quelques minutes suffisent pour obtenir des informations déterminantes sur l’état pulmonaire du patient.

Ensuite, il s’agit d’une méthode non invasive, répétable et sans irradiation. Contrairement à d’autres examens d’imagerie, le protocole BLUE peut être répété plusieurs fois au cours de la journée pour suivre l’évolution du patient.

Le protocole BLUE est aussi particulièrement utile dans les situations où les ressources sont limitées. Un simple échographe portable suffit pour réaliser l’examen, ce qui le rend très utile en médecine d’urgence, dans les ambulances, en médecine humanitaire ou dans les zones rurales.

Enfin, ce protocole facilite une prise de décision plus rapide. Il permet d’éviter certains examens longs ou invasifs et oriente plus vite vers le bon traitement.

Les limites du protocole BLUE

Même si le protocole BLUE est devenu une référence mondiale, il ne permet pas d’obtenir un diagnostic fiable à 100 %.

Il doit toujours être interprété avec :

  • Les symptômes du patient.
  • Les données cliniques.
  • Les constantes vitales.
  • Les résultats biologiques éventuels.

Le protocole BLUE a été conçu comme un outil d’orientation diagnostique rapide. Il ne remplace pas un scanner thoracique, une radiographie ou une échocardiographie complète lorsque ces examens sont nécessaires.

La qualité de l’examen dépend également de la formation de l’opérateur, du bon positionnement de la sonde et de la qualité de l’image obtenue.